Marc Métayer
Charles Lapicque et son œuvre

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Charles Lapicque – La Grille bleue, 1940, Huile sur toile, Ste Geneviève de Fierbois (détail), ill. Marc Métayer

L’expert

« C’était il y a bien longtemps, plus de soixante ans, à l’automne 1956, je me rendais avec ma mère Madeleine pour la première fois au 4 de la rue Froidevaux à Paris où Charles Lapicque nous accueillit dans son atelier. Ce fut un spectacle magique. »

Marc Métayer se souvient, avec émerveillement, de cette première rencontre avec l’artiste. Il avait alors admiré ses toiles de la période vénitienne. Il avait également repéré des palettes qui ne comportaient qu’une couleur pure et des touches composant les nuances d’un dégradé de tons provoqué par un rajout de blanc.
Des années plus tard, il comprit que cette technique scientifique d’une rigueur absolue était la clé de voûte d’une innovation artistique historique s’appliquant à une partie de l’œuvre que Lapicque qualifiait en 1959-1960 ‘’d’harmonie dans les dissonances’’.

Une véritable amitié naquit à partir de 1970 entre Charles Lapicque, Marc Métayer, son ami Bernard Balanci et Régine Métayer, son épouse, qui se consacrait aux archives du peintre.

Dans les années qui suivirent, Marc Métayer donna la priorité à la défense de l’authenticité de l’œuvre et au dépistage de la contrefaçon.

Ce travail aboutit, dès 1972, à la certification des pièces et à l’établissement de listes et d’archives. Aujourd’hui, l’objectif de Marc Métayer est d’assurer, pour l’avenir, la pérennité des travaux de Charles Lapicque par l’authentification.

A partir des années 1940, Charles Lapicque réussit la prouesse d’allier la théorie (qui, seule, pourrait être desséchante) avec l’indispensable caractère de transcendance que doit posséder toute grande peinture. Précurseur, il est aussi leader, car savant auteur, en 1938, d’une thèse de doctorat ès sciences physiques qui renversait l’ordre Renaissant en s’inscrivant en faux contre Léonard de Vinci par des peintures ‘’à ossature bleue’’ sur arrière-plans flamboyants.

La démonstration de Lapicque présente, de surcroît, un caractère métaphysique : ses lointains, par leur clarté symbolisant la lumière qui s’oppose à l’obscurité (des classiques), sont le présupposé d’un désir d’absolu qui permet à la nature humaine de pouvoir gouter la splendeur de la vérité.
Ce renversement de l’échelonnement des couleurs dans l’espace n’avait jamais été exprimé avant les publications de Charles Lapicque à partir de 1935. Van Gogh définissait le peintre comme un coloriste ; Lapicque en est un que Marc Métayer soutient avec ferveur.

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Marc Métayer

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