Raphaël Roux dit Buisson
Jacqueline Marval, sa vie, son oeuvre

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Jacqueline Marval – L’Étrange Femme, 1920. 130 x 162 cm. Collection Raphaël Roux dit Buisson, Paris. © Archives du Catalogue Raisonné de l’oeuvre de Jacqueline Marval

L’expert

L’art est un catalyseur de rencontres : arrivé de Grenoble à Paris, Raphaël Roux dit Buisson, qui, sans le savoir encore, emprunte le même chemin géographique que l’artiste Jacqueline Marval à l’oeuvre de laquelle il consacrera plus tard une grande partie de ses recherches et de son activité, fera tout d’abord à Paris l’expérience de la sculpture africaine.

C’est dans ce domaine d’Art primitif qu’il s’illustrera tout d’abord à Paris et qu’il se lancera dans la carrière de marchand d’art.

Familier des nombreuses matières employées par l’Art primitif, il se découvre, à son contact, une sensibilité toute particulière pour l’intelligence des formes et la Modernité. Une approche qui n’est pas sans rappeller l’importance primordiale des masques et des sculptures nègres et océaniennes, et leur influence révolutionnaire sur l’Art occidental au travers de André Derain, Henri Matisse, Pablo Picasso, Amedeo Modigliani, Fernand Léger, géniaux découvreurs,… ainsi que Guillaume Apollinaire ou Blaise Cendrars, les poètes, dans les premières années du XXème siècle.

C’est logiquement que l’activité de Raphaël Roux dit Buisson se déplacera vers la Peinture moderne et d’avant-garde, dont il est aujourd’hui un des spécialistes, notamment de la période post néo-classique aux années 60.

D’abord installé près de l’Hôtel Drouot, il fidélise de nombreux amateurs, puis il ouvre en 1990 au Louvre des Antiquaires la Galerie Thomire spécialisée dans la peinture des XIXème et XXème siècles et où figureront régulièrement les oeuvres de Jacqueline Marval. Raphaël Roux dit Buisson y conseillera les collectionneurs pendant 25 ans.

Son activité se poursuit aujourd’hui, au travers d’une structure plus légère, et se consacre en grande partie à faire mieux connaître l’oeuvre de Jacqueline Marval, et celle de son époque. Mettant ses compétences et ses relations au service de ses interlocuteurs, il promeut les collections en leur conseillant, notamment, le prêt de certaines de leurs œuvres à des expositions internationales.

 

L’artiste Jacqueline MARVAL (Quaix-en-Chartreuse, Isère 1866 – 1932 à l’hôpital Broussais, Paris)

Née près de Grenoble, en 1866, l’aînée d’une famille d’instituteurs de huit enfants poursuit sans conviction des études qui la destinent à l’enseignement. Elle se marie et la douloureuse perte de son premier enfant provoque un tournant décisif. Seule et subsistant de petits travaux de giletière, elle s’installe à Paris vers 1895 au 9, rue Campagne-Première à Montparnasse, dans l’entourage des plus grands artistes. Elle finit ainsi par entrer en peinture par la grande porte et son compagnon le peintre Jules Flandrin (1871-1947), élève de Gustave Moreau aux Beaux-arts de Paris, la présente sans tarder à Marquet, Matisse, Manguin, Rouault, Camoin et Guérin, notamment.

Empreinte des ambitions de la peinture fauve, la jeune artiste s’épanouit au centre d’un monde d’hommes talentueux ; ses spectateurs les plus expressifs sont notamment Apollinaire et André-Farcy. Quoique ses oeuvres soient refusées au Salon des Indépendants de 1900 – comme beaucoup de confrères – en 1901, elle y est présente pour la première fois.

Berthe Weill, Ambroise Vollard, puis Eugène Druet s’intéressent à elle.

Après l’historique exposition de février 1902 où la peinture de Matisse, Marquet, Flandrin et Marval est présentée pour la première fois en un lieu privé par Berthe Weill, dans sa petite galerie du 25, rue Victor-Massé à Paris, une longue activité picturale jalonnée de nombreuses expositions tant à Paris qu’en Europe, aux États-Unis et en Asie débute pour Marval.

D’une bonté infaillible envers ses amis et de nombreux jeunes artistes qu’elle aide sans compter, Marval est encensée par la critique parisienne qui souligne la singularité et la modernité de sa peinture. De sa belle campagne du 19, quai Saint-Michel à Paris, en compagnie de ses prestigieux voisins, fenêtres grandes ouvertes sur la cathédrale Notre-Dame, elle poursuit son oeuvre dans un monde de rêve avec la certitude qui caractérise l’artiste.

Ses amis Matisse, Picasso, Apollinaire et bien d’autres sont frappés par la puissance de son grand tableau novateur : « Les Odalisques », présent au Salon des Indépendants de 1903 (1) , et aujourd’hui conservé au Musée des Beaux-Arts de Grenoble. D’un format comparable, mais inversé, et d’une composition similaire aux Demoiselles d’Avignon de Pablo Picasso, on est en droit de se demander si « Les Odalisques », que Marval réalise entre 1902 et 1903, n’est pas l’une des sources qui inspirèrent Pablo Picasso en 1907.

Elle meurt dans la pauvreté à Paris le 28 mai 1932, dans la même chambre d’hôpital qu’un autre magicien de l’art français : Paul Verlaine. Sans descendance, son œuvre est dispersée après la fermeture de la galerie Druet en 1938.

L’œuvre de Marval s’enfonce progressivement dans un long silence.

Alors que le parcours exceptionnel de Marval dépeint son rôle de premier plan à Paris au début du XXème siècle, le travail de Raphaël Roux dit Buisson, est bien de faire revivre au travers d’expositions et de publications, la grande Histoire à laquelle la jeune iséroise, devenue la plus parisienne des parisiennes et une femme artiste leader de la Modernité, est intimement rattachée.

(1)- Propos de Matisse lors d’une visite à l’atelier du peintre Lucien Mainssieux (1885-1958) et rapportée dans les manuscrits de ce dernier conservés au Musée Mainssieux de Voiron

Bibliographie

Raphaël Roux dit Buisson, et sa fille Camille Roux dit Buisson, inaugureront au début de 2020 le Comité Jacqueline Marval, dont le siège se trouvera au 4 cité Malesherbes, à Paris 9ème.

Une sélection d’oeuvres très représentatives de l’artiste ainsi que des archives et ouvrages multiples y seront présentés et seront consultables sur rendez-vous.

Le Catalogue raisonné de l’Oeuvre de Jacqueline Marval, actuellement en préparation sous la direction de Raphaël et Camille Roux dit Buisson, permettra un classement et un recensement exhaustif d’une oeuvre très importante, dispersée dans les Musées et les plus grandes collections du monde entier.

Le site

https://www.jacqueline-marval.com renseigne sur cet artiste et sur les modalités d’authentification et de recensement des oeuvres auprès du Comité Marval, à Paris

 

Contacter

Raphaël Roux dit Buisson

4 Cité Malesherbes

75009 Paris

33 (0) 01 40 37 46 72

33 (0) 6 07 26 63 46

comite@jacqueline-marval.com

www.jacqueline-marval.com

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